samedi, 17 juin 2006

Scarabé

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Chacun de nous a sa part d’ombre, celle du soleil ou celle enfouie en nous même et que nous tentons de contenir. Il y a aussi les ombres qui nous frôlent, qui font peur et que nous effrayons à grand renfort de lumière.
Ce sont de ces ombres que l’équipe du scarabée vient nous parler, scarabée qui peut se glisser partout et qui a été à la recherche de ces ombres que l’ont fuit pour les mettre en lumière.


Nous commençons la chasse aux ombres par un court texte, mais percutant, effrayant, angoissant, de mon amie, ma sœurette Hanako. Les liens qui me lient à l’auteure de Eux, dans lequel la peur suinte de chaque mot, m’empêche d’être totalement objective mais à la lecture de ce texte un frisson glacial vous parcours l’échine et avant de tourner la page on ne résiste pas au besoin de regarder derrière soi.
Nicolas Bally, que j’affectionne aussi tout particulièrement, a rencontré les Gardiens d’une ombre. Une rencontre banale à la base, la visite médicale du fiston, le médecin qui souhaite vérifier le poids du petit et la : plus rien ! Plus de médecin, plus d’enfant, plus rien … Il va pourchasser et combattre et les gardiens et l’ombre qu’ils protègent. Un texte haletant, une course folle contre le temps pour sauver un enfant, un enfant qui a comme tous ceux de son âge, peur des ombres mais qui saura se montrer un homme dans son combat aux côtés de son père.
Les ombres sont partout bien sur, mais peut être encore plus présente pour les esprits les plus fragiles comme celui de Mr Langeais. Il sait à quel point les ombres sont dangereuses surtout la sienne qui veut le tuer ! C’est pour cela qu’il reste à la parfaite perpendiculaire de la lampe de sa chambre à l’asile. C’est son histoire tragique que nous conte Xavier Froment, habitué des fanzines et talentueux dans son genre, qui nous transpose dans l’univers de la folie.
Léo La Treille est-il la part d’ombre de S. ? Peut être le saurons-nous un jour mais pour l’instant c’est toujours un véritable bonheur que de lire ces textes toujours emprunt de douceur, de légèreté mais aussi de profondeur. Mais la encore j’avoue ma subjectivité car je sais qui il est et surtout je connais sa gentillesse et son grand cœur qui se reflète dans ce texte. Avec La clé des ombres il nous conte la libération des ombres, de bonnes ombres inoffensives qui sont prisonnières.
Ah Menolly ! Son humour, sa façon de nous narrer Le pourquoi du comment… Excellent, tout bonnement excellent ! En quelques mots bien choisis et bien placé elle nous raconte la drôle de vie de spectateurs d’ombres chinoises. J’applaudi bien fort à deux main Menolly pour cette histoire si drôle et triste à la fois et si bien retransmise.
De nouveau un théâtre d’ombres qui se tient dans La cité du printemps, une cité où la joie de vivre semble interdite. Le seul bonheur de Zou c’est son oncle Xin avec ses talismans et ses ombres si enchanteresses. C’est tout en délicatesse et fragilité (comme une ombre) que la douce Cindy Van Wilder nous conte le passage de l’enfance à l’âge adulte d’une petite fille rêveuse et émerveillée.
Méor, la capitaine du navire, la Reine Scarabée n’a pas été chercher midi a quatorze heures pour nous donner une histoire d’ombres. Elle a choisi celle qui nous suit de la naissance à la tombe. L’histoire aurait pu être banale mais la demoiselle est loin d’y être et son histoire de jumeaux dizygotes est si bien menée que se fond dans l’ombre au même rythme que Celle qui suit.
Par la bouche de Karim Berouka c’est le chef du cirque des ombres qui parle, qui nous explique et nous raconte par le menu son spectacle. Surtout en ce jour anniversaire où les fantômes, spectateurs des ombres dansantes vont rire, trembler, pleurer devant l’éblouissant spectacle et la beauté des ombres jalousement gardées par le chef du cirque des ombres. Avec des phrases courtes et percutantes, Karim Berouka nous fait plonger dans le cœur même du narrateur, le plus vivant de tous.

Ce troisième épisode est haut en couleur malgré son thème sur les ombres. Que du beau monde au sommaire mais aussi des virtuoses du pinceau avec Daphnée, Juan, Menolly et Adrakelen de Mortelune. Les auteurs présents dans ce numéro font partis de ceux que j’apprécie au plus haut point et les voir regroupés ici est un vrai bonheur.
C’est en retard que je chronique ce numéro et j’en suis la seule fautive (je m’en vais de ce pas me flageller sur la place publique) mais comme on dit : « Mieux vaut tard que jamais ». Je regrette quand même de ne pas l’avoir lu plus tôt et je m’empresse d’aller lire ces trois petits frères qui m’attendent.

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